Le 27 avril 2024 avaient lieu une Assemblée Générale Ordinaire et une Assemblée Générale Extraordinaire de l’association dont voici le compte-rendu.
Présidents de séance : Corentin Barrier et Jean Gaillot
Assemblée Générale Ordinaire
Tour de table
- (Ancien·nes) pensionnaires de la Chesnaie et de Saumery
- Familles de moniteurs (anciens TS)
- Habitante de Chailles, sympathisante de la première heure
- Correspondant local de la NR
- (Ancien·nes) salarié.es du Club thérapeutique de la Chesnaie et de la clinique
- (Ancien·nes) stagiaires
- Psychiatres
- Représentants d’Institutions : Saumery, TECI, Oppelia, Halo, EPIC
Point d’information sur la vente + questions
- Après la fin des transactions avec l’Élan Retrouvé et le retrait de la Fondation Falret, Jean-Louis Place entreprend des travaux de mise en conformité. Il semble qu’il y ait un second tour de table et que Jean-Louis Place rencontre des acheteurs/investisseurs potentiels, peut-être pour l’entrée d’associé.e.s dans la structure juridique.
- Comment se fait-il que les moniteurs acceptent le faible niveau de réponse de leur employeur ?
Dans les 80 % des salarié.es investi.e.s à un moment donné, il y avait une minorité active et une grande majorité passive qui s’est vite ralliée à la position du vendeur/directeur. - Il suffit d’un moniteur pour interpeller le propriétaire ? En théorie oui, mais c’est moins simple quand il y a un passif et des phénomènes de clivage, face à une direction qui tient une position hiérarchique et pas seulement institutionnelle.
- Y aurait-il un recours pour obliger le vendeur à livrer l’information ? Encore faudrait-il que le vendeur ait des informations à nous communiquer.
- Un courrier a été adressé à Jean-Louis Place, pour lui fournir des éléments de réflexion et des pistes de solution collectées pendant le montage du projet de SCIC, courrier dont il a pris connaissance, et a demandé à nous rencontrer prochainement.
- La question des conditions de travail à la clinique impacte fortement sur la potentialité de débat, au sein de la clinique, sur l’avenir de la clinique. Le clivage entre les collègues (flagrant au moment des mouvements de grève) joue aussi beaucoup sur notre motivation à poursuivre l’effort, que ce soit de questionner le directeur/vendeur ou les collègues. Et si on veut continuer à travailler pour les pensionnaires, sans que ces effets de clivage les impactent, on se retrouve à tourner en rond.
- Le discours du directeur aux salarié.es (« appropriation illégitime de l’institution ») a produit un effet de (soumission)/néfaste/d’abattement ? sur les salarié.es.
- Le comité Relation-Vendeur a toujours été bien reçu par le vendeur. Mais celui-ci s’est toujours défaussé vers le cabinet conseil et ne s’est jamais posé en interlocuteur direct.
- La question du fond sécure auquel s’adosser pour porter une parole est ressortie lors du temps de l’Analyse de la Pratique de juillet.
- On tourne en rond et on tourne en vase clos, et cela vaut aussi pour la direction, qui est dans une posture très isolée vis-à-vis des ses propres interlocuteurs (ARS, autorités de tutelle, etc.)
- Comment l’extérieur peut venir nous soutenir, si à l’intérieur la situation est déjà si critique ?
Bilan moral
Le bilan moral est disponible ici.
Bilan adopté à l’unanimité
Bilan financier
Bilan adopté à l’unanimité.
Il reste 45 souscriptions à la SCIC qui n’ont pas été remboursées. Malgré nos rappels successifs, nous considérons que les détenteur·ices de ces parts ne souhaitent pas être remboursé·es.
Le comité Trésorerie propose que le solde des parts sociales (4500 €) soit reversé sur le compte courant de l’association, et de fermer le compte 212.
Motion adoptée à l’unanimité
Démission du CA
Les membres du CA annoncent à l’Assemblée Générale qu’ils ont pris la décision de démissionner.
Discussion quant à la dissolution, aux objectifs potentiels, aux projets émergents
- Proposition de modalité par débat mouvant autour de propositions de projets.
- S’engager = s’engager à porter l’un ou l’autre projet
- Avant de se poser la question de l’avenir de l’association, comment peut-on aider la Chesnaie (clinique), pour préserver l’établissement, l’institution et les valeurs de la PI qu’elle porte ?
- Par rapport à la lettre, quelle signification prend la volonté de Jean-Louis Place de nous recevoir (un an et demi après) ? Est-ce que ça peut être pris comme un pas vers nous ?
On ne peut pas présumer de ses intentions. La lettre présente un point fort, dont des éléments qu’il n’avait pas (des alliés financiers qui se sont déclarés sur le tard), mais aussi un point faible, en ce que le collectif n’a pas donné suite à un devis de mise en conformité technico-administrative du projet de reprise par un DAF. La lettre a été rédigée par trois personnes au nom des Ami.es de la Chesnaie (sans consensus du groupe). C’est eux qui seront reçus.
- Proposition : L’avenir de la clinique : vers quel avenir peut-on converger avec les autres parties prenantes, dont le Dr Place ?
- Poursuivre la dynamique qui existe depuis des décennies, même si elle a besoin d’être actualisée, repensée. Avec quelles parties prenantes ? Les salarié.es, les pensionnaires, les Ami.es de la Chesnaie (extérieurs) et Jean-Louis Place. Il faut un accord sur une finalité. Dans le cas d’une reprise par un groupe lucratif, c’est la fin de la Psychothérapie Institutionnelle (PI) à la Chesnaie. Il faut donc construire une alternative, en ouvrant la discussion avec le Dr Place, les salarié.es y-compris ceux qui ne sont pas là, autour d’une gouvernance qui soit réellement partagée. Un projet de reprise qui implique à la fois l’interne et l’extérieur, avec des possibilités d’appui sur le plan financier, mais aussi de la réflexion, de l’opérationnalité. Il faut donc s’assurer qu’on se rejoint bien sur le même projet : coopératif, non lucratif, etc. pour faire perdurer le projet thérapeutique de la clinique, au-delà de la PI.
- Exigence de pouvoir participer : parler, être entendu, etc. Que les usager.es de la clinique trouvent leur place dans une gouvernance partagée.
- Il faut aussi interroger la différence salariale entre les différentes catégories de salarié.es (notamment médecins / moniteurs).
- Est-ce que vous êtes OK pour qu’on se donne le temps nécessaire pour monter ça ? Quelle résonance pourrait avoir la revente de la Chesnaie à un groupe lucratif ? Dans ce cas, on s’organise avec les Ami.es, des alliés comme Oppelia, pour monter ce projet.
- La dimension des pensionnaires est essentielle : en cas de naufrage de la clinique, c’est une catastrophe pour les pensionnaires. Ils ont tout à fait leur mot à dire, en tant que citoyen.nes, et il faut qu’ielles soient substantiellement représenté.es.
- Le courrier émane au départ de quelques-uns, avec un désir de réinternaliser cette question de la reprise. Jean-Louis Place a montré que les Ami.es représentent une force hostile pour lui.
À quel titre va-t-on se présenter à cette rencontre ? Dans quelle mesure Jean-Louis Place est-il en mesure d’accepter le rapport de force avec les Ami.es ? - Il peut y avoir des compromis trouvés pour savoir qui va porter un projet réinternalisé, mais les Ami.es s ont leur place autour de la table.
- C’est très étonnant de voir que le secteur public ne s’intéresse pas au fait que la Chesnaie puisse fermer… Alors qu’ils arrivent à mobiliser des fonds pour pallier la pénurie de soignants avec des intérimaires payés très cher.
- L’ARS considère depuis cette année qu’il y a un établissement dont le département pourrait se passer.
Saumery et Laborde sont en position plus sécure que la Chesnaie. - Est-ce que l’État pourrait reprendre une partie de la Chesnaie convertie en médico-social ?
Pascal Crété estimait que l’ARS avait déjà une idée de quoi faire pour la Chesnaie au cas où il ne se passe rien…
- L’ARS considère depuis cette année qu’il y a un établissement dont le département pourrait se passer.
- Avec quelle intention va-t-on rencontrer Jean-Louis Place ?
On va d’abord écouter ce qu’il dit. S’il pioche dans une partie des propositions, on pourra lui faire valoir que le montage ne sera pas forcément viable parce que les partenaires s’engageaient dans le projet de SCIC, c’est un écosystème.- Il y a des arguments qu’on ne pourra surtout pas porter dans la rencontre (mode coopératif, refonte du modèle salarial, du modèle de gouvernance, etc.)
- L’initiative n’était pas portée par tout le monde. Il s’agissait de porter à sa connaissance des éléments concrets et de lui poser quelques questions : qu’est-ce qui posait problème dans notre proposition ? Même si cette parole n’est pas portée par les Ami.es, le contenu est formaté par le travail fourni par les Ami.es.
- Le fait est que là on irait lui parler en tant que salarié.es, notamment du fait de la charge symbolique négative de l’association (pour nous et pour Jean-Louis Place).
- On n’a pas beaucoup avancé depuis 2 ans : on veut parler à Jean-Louis Place et il refuse de nous parler.
- Il demeure une sorte de flou autour de qui ont pu être les Ami.es, qui ils sont maintenant ; un mélange entre les salarié.es qui ont créé l’association, les extérieur.es qui ont voulu que l’asso perdure. Qui est là, qui a envie de faire quoi ? L’association est portée par plus que seulement l’interne.
- Il faut se poser la question : à quoi l’association peut-elle servir pour l’avenir de la clinique ?
- Plusieurs niveaux de confusion entre articuler, soutenir des idées, porter le projet, etc. Peut-être garder une structure associative avec un CA très réduit en mode service minimum (mais pas des internes qui sont déjà épuisé.es) qui pourrait porter d’autres initiatives, (parce que ce serait difficile, voire impossible, de remobiliser la même énergie), de servir de support pour des projets. C’est aussi des ressources pour l’interne en cas de besoin de lutte dans le cas d’un projet de reprise menaçant.
- Dangereux pour les internes de porter un truc qu’ils n’ont plus envie de porter, et vaseux de modifier des objets en cours de route, pour des objectifs qui ne correspondent plus à ceux de départ.
- Il faudrait un avant et un après la rencontre avec Jean-Louis Place. Parce que la question de la poursuite sera très différente selon qu’il y a une ouverture ou si c’est une fin de non recevoir.
- Propager une idée générale des principes qu’on peut défendre à La Borde, la Chesnaie, Saumery, et ailleurs, d’une façon qui transcende à la fois la clinique de la Chesnaie et l’asso des Ami.es.
- Proposition aux extérieurs (qui portent une histoire, un affect avec la Chesnaie) d’adresser un courrier à Jean-Louis Place pour lui signifier leur position.
- L’objet de l’asso n’est pas complètement caduque, du moins tant que la rencontre avec Jean-Louis Place n’a pas eu lieu.
- L’association représente encore un cadre pour le dialogue avec Jean-Louis Place. Avec l’éloignement du non-lucratif, la pente va vers une solution au détriment de la PI à la Chesnaie. Aussi pour s’adresser à des institutions. Sans les Ami.es, le discours (de penser la vente) n’existe pas.
- On a envie de défendre quelque chose, depuis 2 ans, on est fatigués de ne pas être entendus. On a le sentiment de ne plus rien pouvoir faire pour la Chesnaie. Ça devient très compliqué pour ceux de l’intérieur qui ont envie de faire quelque chose. Quand on voit la force de l’extérieur, ça refait bouger le positionnement pour ou contre la dissolution. On a vu que le partenariat, le réseau, ça c’est porteur. Il pourrait être intéressant de réaliser une cartographie de tous les partenaires qu’on a pu rencontrer avec la SCIC pour créer une carte des solidarités et des appuis potentiels.
- Il est trop tôt pour dissoudre, ne serait-ce que pour porter la lettre. Quand Jean-Louis Place va lâcher (pour vendre) il faudra bien avoir un cadre. On peut laisser l’association en sommeil indéfiniment (comme un club de foot). La symbolique que porte la Chesnaie c’est un idéal de société, et c’est ce qui a pu inciter tous les gens qui ont investi, qui se sont investis, en si peu de temps.
- L’éloignement (par rapport aux internes), c’est une position intermédiaire, pas inintéressante. Fonction de tiers qui nourrit par des aller-retour. Ce qui a été réalisé (levée de fonds en si peu de temps) a impressionné même des pros de l’Économie Sociale et Solidaire. Même si l’asso reste dormante, c’est toujours plus facile à réactiver. Et le message de la dissolution vis-à-vis de Jean-Louis Place, de l’extérieur, de l’ailleurs est très négatif, parce que ça fait du bien de voir la possibilité d’une telle mobilisation.
- Par rapport à l’objet de l’asso, est-ce le terme de « reprise interne » qui pose problème ?
- Le CA d’une asso en dormance, ça consiste quand même à vérifier les mails, à payer l’assurance en RC, etc.
- Pistes qui rentrent dans l’objet actuel
- cartographier/cultiver le réseau
- fonction d’appui pour des initiatives
- financer de l’Analyse de la Pratique pour la clinique
- initiatives connexes/annexes d’Ami.es ou autres
- continuer de soutenir le projet de reprise interne (parce qu’il existe un rapport de force : Jean-Louis Place n’a plus d’acheteur et les Ami.es restent un acheteur potentiel)
- travail d’écriture de l’aventure, du vécu, de l’histoire des Ami.es
- On n’a peut-être pas besoin de changer l’objet, mais on a réellement besoin d’un nouveau CA, quitte à ce que ce soit un CA en dormance, qui soit prêt à suivre les pistes décrites ci-dessus.
- Pistes hors objet actuel
- ouvrir un autre lieu d’accueil
Assemblée Générale Extraordinaire
Vote de la dissolution ou changement de l’objet
La proposition de dissolution de l’association est rejetée par l’Assemblée Générale.
Il est donc procédé à l’élection d’un nouveau Conseil d’Administration chargé de maintenir l’association en sommeil dans un cadre défini.
Election du CA
Candidat·es
- Florence Barrué
- Gwenvael Loarer
- Maud Mezanger
- Alain Morel
- Thierry Murat
- Hélène Saillard
Ce n’est pas la même chose pour le nouveau CA de porter une asso en dormance ou de porter la feuille de route proposée.
Tant qu’il n’y a pas de questions financières, l’asso peut être dormante.
Le nouveau CA s’engage à soutenir les projets conformes à la feuille de route et à l’objet, et se refuse à engager des fonds sans convoquer une nouvelle AG, tant que l’avenir de la clinique est incertain.
Le CA est élu par 22 voix « pour » en salle, plus 6 procurations, 1 « abstention », 0 « contre ».

