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Toc, toc, toc... Enfin quelques nouvelles !

Depuis janvier 2023, déjà ! nous avions décidé que l'Association des Ami.es de la Chesnaie serait "en dormance" et en avril 2024, un nouveau CA a été élu pour ce faire. Aujourd'hui, le CA se réveille suite aux attaques de l'ARS envers les cliniques de La Borde et La Chesnaie en octobre dernier.

L’ARS Centre-Val de Loire a notifié aux cliniques La Borde et La Chesnaie
le non-renouvellement de leur autorisation d’activité de psychiatrie


Source : Lettre Pro de l'ARS Centre Val de Loire du 17/10/2025 - Format PDF

Dans sa « Lettre Pro » l'Agence Régionale de Santé remercie les deux cliniques pour leur héritage historique et se félicite d’avoir le courage de décider de mettre fin à la seule activité de psychiatrie adulte, vers une activité de psychiatrie et de médico-social.

Le communiqué laissait entendre que ce non-renouvellement plaçait de facto l’activité psychiatrique des deux cliniques dans l’illégalité, alors que le non-renouvellement était associé d’une prolongation de l’autorisation accordée antérieurement. Le temps que l’autorisation pluri-annuelle en cours d’évaluation soit modifiée… sans l’accord de la Direction de La Borde.

L’ARS affirmait dans sa lettre que sa décision associait les Directions des deux cliniques et les soignants, or la réponse de la Directrice de La Borde , Flore Pulliero-Vitez, contestera ces affirmations fausses :

Coconstruire en santé, c’est reconnaître la légitimité de toutes les parties
et créer les conditions d’un dialogue sincère, ouvert et sans pression.
C’est faire le choix de la délibération plutôt que de l’imposition,
du consensus plutôt que du rapport de force.
Échanger n’est pas consentir.
Coconstruire n’est pas associer par la contrainte.


Les prises de positions publiques de la Direction de La Borde, des soignants et de journalistes dans la presse locale et nationale contre la décision de l’ARS ont provoqué un rétropédalage de l’agence de tutelle. Ce rétropédalage protège le maintien de la clinique La Borde dans son fonctionnement actuel.


À La Chesnaie les décisions ont été différentes : l’ancienne et la nouvelle Direction de la clinique se sont mises d’accord pour accepter le projet de réduire une partie des lits de psychiatrie adulte (105 lits à ce jour) et d’ouvrir un autre établissement a vocation médico-sociale. Pourquoi ? Dans quelles conditions ? Au risque de quelles compromissions ?

Résistances...

Parallèlement, en octobre 2025, l'amendement 122 au Projet de loi de réforme du financement de la sécurité sociale menaçait ni plus ni moins que de dérembourser "les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques" (rapporté notamment par Mathieu Bellhasen sur son blog Mediapart).
La Santé mentale, grande cause nationale 2025, est en fait une cause perdue, attaquée de toutes parts par le rouleau compresseur du dogme des neurosciences et de la pensée néolibérale.
Et nous sommes tous abasourdis. Et nous en voyons toutes et tous les effets dans notre quotidien.

L'association des Ami·es de la Chesnaie, quoiqu'endormie depuis maintenant deux ans, est forte d'un réseau, d'une constellation, qui réunit les quelques 1000 abonnées de cette newsletter, et dispose des moyens financiers que tous ceux et celles qui ont cru au projet de reprise de la clinique ont mis à notre disposition.

Peut-être que cette association, réinventée, revigorée,
peut devenir un lieu où la psychothérapie institutionnelle
renoue avec l'esprit de résistance dans lequel elle est née ?

Et la Chesnaie ?

Voici les dernières nouvelles.
A eu lieu en avril 2024, la dernière AG dont le compte-rendu est disponible ici. Nous n'en reprenons ici que quels points essentiels :
  • L'ARS avait déjà annoncé dans son projet de début d'année 2024 que le minimum d'établissements de psychiatrie dans le Loir et Cher serait de 5 (jusqu'alors il était de 6 minimum).
    C'est officialisé dans le schéma régional de santé Centre Val de Loire 2023-2028 (p.245)
    Déjà, ça commençait à ne pas sentir très bon..!
  • Nous nous interrogions sur la caducité de l'objectif de l'association qui est "la reprise en SCIC"...
  • Nous avions donc aussi fait émerger des idées et pistes éventuelles
  • L'idée d'une dissolution de l'association avait été à nouveau rejetée par les adhérents, et un nouveau CA avait été élu, chargé de maintenir l'association en dormance, au cas où...

Et depuis ?

Fin 2024, l'idée d'une ouverture de Maison d'Accueil Spécialisée circulait à La Chesnaie... Idée qui devient de plus en plus certaine sans qu'elle soit réfléchie et petit à petit, elle s'installe et s'ancre sans que soit pensée son inscription dans l'Institution.
A l'heure actuelle, l'idée d'un nouveau bâtiment dans le jardin de la Haute-Pièce émerge, mais ne fait pas de bruit...
Pourtant nous ne sommes pas dupes que la décision de réduire le nombre de lits d'hospitalisation en psychiatrie adulte est une manœuvre qui privera d'accès aux soins des personnes vulnérables qui ont besoin des outils thérapeutiques de la clinique La Chesnaie pour se reconstruire. Cette décision illustre non seulement le désengagement de l'Etat au détriment des plus fragiles, mais montre aussi le déni volontaire de l'Agence sanitaire devant les réels besoins de soins des personnes souffrant de psychose chronique. En reléguant la souffrance psychiatrique à des équipes peu, voire non formées dans le médico-sociale, l'ARS dit son déni devant les souffrances psychiques, et son refus d’assumer le minutieux travail d’une psychiatrie au long cours...
Il ne viendrait à l’idée de personne de stopper l’accès aux soins à des patients atteints de pathologies somatiques chroniques après seulement quelques mois de traitement. Pourquoi l’imposer insidieusement en psychiatrie ?

Finalement, la reprise ?

Sans tambours, sans trompettes, sans annonce tonitruante, la vente est finalement signée en juillet 2025. Et ce n'est que La Baume Finance qui l'annonce dans un communiqué sur le site fusacq.com, spécialisé dans les fusions-acquisitions. Ça en dit en long quand même...

Nous vous renvoyons à l'article sur le site pour en savoir plus sur les repreneurs.

Les tractations sont toujours en cours...

Nous ignorons encore la proportion de lits de psychiatrie adulte qui seront supprimés à la Chesnaie, et le nombre d’ouverture de lits en médico-social. Nous attendons l’arrêté officiel dans lequel l’ARS annoncera sa décision.
Nous oscillons entre perplexité et inquiétudes légitimes, entre sang-froid et naïveté, entre un mince espoir et une lucidité amère.
Pendant plusieurs mois un ordre de grandeur a été prononcé, se voulant rassurant. 70 lits restants sur 105, une quarantaine de lits ouverts en médico-social. Rassurant pour qui ?
Les derniers chiffres évoqués sont tous les deux à la baisse. Que restera-t-il à la fin ?
La phrase obscène a même été prononcée et résonne encore dans plusieurs têtes :
« À budget constant. »
Sortir de terre un autre établissement, rénover, agrandir, faire plus grand, faire plus propre, plus informatisé, plus « tracé », plus mutualisé, « innover » ; accueillir dans une main des patients en post-cure dont plusieurs seront en prise avec des violences internes bien plus vives que ce que les ondulations de l’ambiance chesnéenne ne savent contenir ; et accueillir dans l’autre main des pensionnaires plus vulnérables encore, moins autonomes, de la gérontopsychiatrie, des toilettes laborieuses sur des corps fragiles et vieux de cœurs réfractaires qui mériteraient tellement mieux que ce couperet cynique :
« À budget constant. »
Un travail plus intensif avec moins de ressources ; concilier des besoins humains à des contraintes inconciliables. Il y a des risques...
Parlons-nous…

Une prochaine AG !

Ainsi, nous (c'est-à-dire une petite dizaine personnes...), préparons une Assemblée Générale le samedi 20 juin et nous comptons sur vous pour utiliser ce superbe outil qu'est l'asso des Ami·es de la Chesnaie pour se rassembler, évoluer, défendre, construire.
De fait, lors des derniers CA des Ami·es, nous étions peu nombreux. Par exemple en novembre, seulement 2 chesnéen·nes travaillant actuellement à la Clinique, 3 La Bordiennes et 7 extérieur·es.
L'envie de faire quelque chose face à ce qui se passe dans le coin et en France est présente. Nous affirmons l'importance de :
  • changer l'objet de l'association (qui est de soutenir la reprise interne de la Chesnaie), complètement caduque ;
  • dégager de nouveaux axes et orientations d’action pour La Chesnaie et au-delà à travers les ateliers qui seront animés pendant l’assemblée générale ;
  • et aussi changer le nom !
    Peut-être garder Les Ami·es mais ouvrir à l'idée du mouvement de Psychothérapie Institutionnelle ?
On vous en dit plus dans notre prochain mail de Convocation à l’Assemblée Générale du samedi 20 Juin, que vous recevrez le mercredi 20 Mai.

Les personnes qui ne pourront pas être présent.es à l’Assemblée Générale, ou qui le souhaitent, pourront partager leurs idées, propositions, suggestions, réactions dans un formulaire qui sera très prochainement mis en ligne sur notre site internet, et dont un compte-rendu sera restitué lors de l’AG pour contribuer aux réflexions collectives des ateliers.

Chaque idée est précieuse pour construire ensemble.

Merci Alain !

Nous en profitons pour remercier grandement Alain Morel qui se retire du CA après nous avoir énormément soutenu·es à travers sa présence aux réunions pour la SCIC, sa rencontre avec Jean-Louis Place, sa place au Conseil Veillance tout comme au CA "dormance", etc.
Merci du fond du cœur Alain pour ta si précieuse présence, un exemple que les "extérieurs" sont si nécessaires !


Quelques réactions à l'annonce de l'ARS

  • Matthieu Belhassem, Psychicide, sur son blog dans le Club de Mediapart (7 novembre 2025)
  • Cynthia Fleury, Psychiatrie et Société, dans l'Humanité (03/056/2022, au moment de l'annonce de la mise en vente de la clinique - article réservé aux abonnés)
  • Yann Diener, Tous à La Borde, Charlie Hebdo (05/11/2025 ; article réservé aux abonnés)
  • Le groupe Facebook des Amis de La Borde rassemble articles, liens, déclarations autour des attaques contre la psychothérapie institutionnelle, la psychanalyse, et la psychiatrie en général
  • Rodolphe Viémont, ancien stagiaire à la Chesnaie, psychothérapeute et documentariste, a réalisé un court-métrage documentaire militant intitulé "La Chesnaie : derniers instants ?" en réaction aux annonces de l'ARS que vous pouvez visionner ici et partager avec vos réseaux. Le film fera l'objet d'un article dans Charlie Hebdo à paraître le 27 mai.
A très vite pour les précisions concernant l'Assemblée Générale du samedi 20 juin !

Collectivement vôtre,
Les Ami·es de La Chesnaie
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